Résultats de l’appel à candidatures pour la résidence d’écriture pour la relève
Pour la troisième année de notre projet d’accompagnement des jeunes auteurs et autrices de la relève pour la résidence d’écriture croisée Québec-Occitanie, le PJE associé à la Maison des écritures Lombez-Occitanie et au Centre Les Arts de lire de Lagrasse, et la Maison de la littérature de Québec sont heureux de vous annoncer les candidates sélectionnées : Lisa Hazan et Maxime Desmeules, félicitations à elles !
Après la québécoise Ariane Tapp en 2024, le toulousain Al Baylac et la québécoise Nana Quinn en 2025, découvrez qui s’envolera au Québec et qui posera ses valises en Occitanie :
Lisa Hazan séjournera à la Maison de la littérature de Québec du 26 septembre au 24 octobre 2026
En 2021, Lisa Hazan est lauréate du 36e Prix du Jeune Écrivain grâce à sa nouvelle Autobiographie qui paraît ensuite dans le recueil Quelle est la couleur du ciel aujourd’hui paru aux éditions Buchet-Chastel. Actuellement en master de littérature à la Sorbonne, Lisa Hazan prend une année de césure pour se consacrer à l’écriture. Son premier roman Shabbat Noir, paraît en août 2024. En parallèle de ses études, elle travaille en tant qu’accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) dans une école primaire et réalise ponctuellement des reportages pour la presse.
Le projet de résidence
La résidence lui permettra d’écrire un deuxième roman, Autobiographies, qui sera le prolongement de sa nouvelle Autobiographie écrite il y a 5 ans. Structuré en dix parties (une par personnage), le livre dressera le portrait d’individus de tout âge, confrontés à différentes peines et angoisses : des parents divorcent, une femme languit son pays d’origine, un vieil homme souffre de la solitude, une étudiante s’interroge sur son avenir, un jeune homme prépare le voyage de sa vie… À travers ce livre, l’autrice a l’envie de raconter les « petites vies », celles des gens un peu à côté du monde, à deux doigts d’entrer dans la fête, mais toujours rejetés d’une manière ou d’une autre, et de s’attarder avec tendresse sur leur peine et leur fragilité.
Les mots du jury
Le jury a salué le sens de la formule de Lisa Hazan, ses phrases qui claquent et qui laissent admirablement entrevoir et ressentir les vulnérabilités ordinaires de ses personnages. L’aspect documentaire de sa démarche montre une autrice sensible, poreuse et ouverte aux expériences et rencontres que permettra la résidence et qui ne manqueront pas de traverser l’œuvre.

Maxime Desmeules sera accueillie à la Maison des écritures Lombez-Occitanie, à l’appartement de résidence de Muret puis à l’Abbaye de Lagrasse du 1er mars au 12 avril 2027
Artiste littéraire et matelot, la québécoise Maxime Desmeules écrit sur le risque, le corps et le vent; sa ruse pour créer des solidarités. En image, elle pratique le collage, puis réalise une incursion en documentaire à bord du voilier ÉcoMaris. À l’automne 2025, elle fait paraître le récit Pleurer à La Senza chez Moult Éditions. Elle travaille présentement à l’écriture de Sargasses, récit maritime de transgression sur la place des femmes en mer, projet récompensé d’une résidence de création Première Ovation à L’ICQ et la Maison de la littérature.
Le projet de résidence
Une femme rencontrée dans un bar n’est pas une femme rencontrée dans la rue est un projet de recueil poétique qui traite d’alcoolisme en déplaçant le regard de la dépendance vers le rétablissement. À rebours des récits centrés sur les excès et les mésaventures spectaculaires, il s’attarde aux gestes, habitudes, silences et négociations intérieures qui accompagnent la décision d’arrêter de consommer.
Le projet envisage la sobriété comme une posture, une pratique à renouveler chaque jour plutôt qu’une victoire. Il interroge les manières dont la vigilance qui l’accompagne transforme le rapport au corps, aux autres et à soi, tout en faisant émerger les tensions entre normes sociales et autodétermination. En filigrane, il cherche à rendre visible le paradoxe d’une société qui banalise, voire valorise, la consommation d’alcool tout en stigmatisant la dépendance.
Les mots du jury
Le jury a été conquis tant par la langue, claire, ciselée, orale et juste que par le regard décalé que Maxime Desmeules désire porter sur le thème de l’alcoolisme au féminin. Les extraits – déjà formidables – promettent une aventure intéressante et ouvrent un espace sensible où le dialogue avec les publics risque d’être profond et prometteur.


